C’est le conseil que donne saint Paul aux Colossiens (2, 6-7). « Le Christ tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher, enracinés et édifiés en lui. » La Révélation s’enracine dans le Christ qui, lui-même, affirme le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 12-19). Ce qui avait été annoncé, par les patriarches et les prophètes sous forme de préfiguration, n’est pas sans valeur, mais prépare, évoque, une réalité encore invisible, qui se révèle en plénitude au moment voulu par Dieu. Pour accueillir l’Incarnation du Fils de Dieu, la pédagogie divine prépare les esprits et les cœurs des hommes, pour qu’ils soient en mesure de recevoir la Bonne Nouvelle du Salut.
La création en est aussi l’expression et les paysans en font l’expérience au quotidien : il faut de bonnes racines pour obtenir une belle plante, une belle vigne. L’hiver que nous traversons est aussi un temps de préparation, d’enracinement, pour permettre à la graine et au cépage de se développer pour donner le fruit qu’ils contenaient.
Pour être des catholiques authentiques, pour adhérer de tout notre être à Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie », nous avons besoin d’approfondir l’Écriture et la Tradition cautionnées par le Magistère. Nous n’inventons pas la Foi. La Source et le terme nous sont révélés par Dieu : « Je suis l’Alpha et l’Oméga (première et dernière lettre de l’alphabet grec), dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Maître de tout » (Ap 1, 8). Ce qui faisait dire au cardinal Sarah : « Dieu ou rien ».
Il en va de même pour celui qui n’a pas de racine. Le Catéchisme de l’Église catholique nous le rappelle dès la première page : depuis que l’homme existe, il cherche Dieu. Sa recherche peut prendre des formes différentes, erronées, mais elle est inscrite, enracinée, dans le cœur de tout homme « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 27). C’est l’identité profonde de la personne humaine. « Et seul Jésus-Christ peut répondre aux désirs profonds de l’homme » (Saint Jean-Paul II).
Nous sommes tous appelés à être « des traditionalistes » (des enracinés), car c’est fort de tant de siècles (millénaires) de travail et de témoignage des martyrs, saint(e)s, théologien(ne)s en harmonie et en cohérence avec la Révélation apportée par le Christ que nous pouvons adhérer au dessein de Dieu et d’en vivre. Il s’agit de la « tradition vivante ». Elle n’est arc-boutée sur un passé (lequel ?) qui n’est plus, mais fort de celui-ci, nous pouvons nous tourner avec confiance et abandon dans les mains de Dieu, car « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).
N’ayons pas peur de demeurer enracinés dans le Christ, car il nous dit : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).