Une phrase, qui tient sur un timbre-poste, résume tout le christianisme : « Jésus est ressuscité ». Benoît XVI a dit le 7 avril 2010 : « La Pâque du Christ est l’acte suprême et sans égal de la puissance de Dieu. C’est un événement absolument extraordinaire, le fruit le plus beau et le plus mûr du ‘mystère de Dieu’. Il est à ce point extraordinaire qu’il en résulte inénarrable dans ces dimensions qui échappent à notre capacité humaine de connaissance et d’enquête. Et, toutefois, il est aussi un fait ‘historique’, réel, témoigné et documenté. C’est l’événement qui fonde toute notre foi. C’est le contenu central dans lequel nous croyons et le motif principal pour lequel nous croyons ». Mettons-le en parallèle avec cet arbre extraordinaire qu’est le Séquoia.
Il existe deux types de Séquoia : le Séquoia toujours vert « sempervirens » et le Séquoia géant « giganteum ». Si le premier dépasse les 115 m de hauteur, le second, avec une base pouvant aller jusqu’à 10 m de diamètre et un poids estimé à plus de 2000 tonnes, est un véritable prodige de la création. Tout est géant dans cet arbre : l’épaisseur de son écorce, le diamètre de ses branches, sa longévité de plus de 4000 ans, sa résistance. Tout est géant sauf sa graine. Le Séquoia est sans doute l’être vivant le plus grand que nous connaissions, et pourtant, ses plans tiennent dans une tête d’épingle, nous rappelant le grand mystère de la vie, qui nous dépasse sur tous les plans ! Pour parvenir à sa longévité, cet arbre possède une ressource absolument stupéfiante : il est équipé d’une écorce ultra-résistante, dont l’épaisseur peut atteindre 30 centimètres. Cette écorce est chargée d’acides tanniques, qui ont la propriété de retarder la combustion. À l’intérieur de ce coffre-fort, on trouve des bourgeons, dont certains sont enfouis là depuis 1000 ans. Ces bourgeons ont pu survivre parce que, quand l’arbre avait des feuilles, il a aussi stocké des réserves de sucre, qui ont servi à les nourrir pendant leur longue hibernation. Et c’est à cause de la calcination que ces bourgeons se mettent en action et ressuscitent un arbre que l’on pensait détruit à tout jamais.
Le mystère de la vie nous dépasse sur le plan naturel, si l’on songe à l’éclosion de la vie humaine dans le sein maternel ; il nous dépasse infiniment plus sur le plan surnaturel, comme nous le rappelle chaque année le mystère de la résurrection glorieuse de Notre Seigneur. Jésus, Dieu fait homme dans le sein virginal de Marie, est la deuxième personne de la Trinité, le Fils Bien-aimé éternellement engendré par le Père. Dans son infinie miséricorde, Dieu le Père a envoyé son Fils sauver l’humanité perdue par le péché d’Adam. Jésus a réparé l’offense à Dieu par le don volontaire de sa vie sur la Croix. La valeur de cette réparation est infinie, puisqu’elle émane d’une personne divine de valeur infinie. Tout être humain peut bénéficier de cette réparation et de l’amitié retrouvée avec Dieu. L’offrande de la Croix a mérité à Jésus sa résurrection glorieuse comme elle mérite à ceux qui croient la vie d’éternel bonheur avec Dieu et la résurrection glorieuse à venir. Si, dans le coffre-fort de l’écorce du séquoia, se trouvent d’innombrables bourgeons, dans le Corps du Christ sont, introduits par le baptême et nourris par l’Eucharistie, d’innombrables sauvés.
Telle est la richesse de la résurrection glorieuse du Seigneur Jésus. Elle garantit que tout ce que Jésus a dit et fait est vrai. Voilà pourquoi l’apôtre saint Thomas, après avoir vu Jésus ressuscité et avoir vérifié la réalité de sa résurrection, confesse : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». « La vérité de la divinité de Jésus est confirmée par sa Résurrection. Il avait dit : " Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis " Jn 828. La Résurrection du Crucifié démontra qu’il était vraiment " Je Suis ", le Fils de Dieu et Dieu Lui-même. St Paul a pu déclarer aux Juifs : " La promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur ; il a ressuscité Jésus, ainsi qu’il était écrit au Psaume premier : Tu es mon Fils, moi-même aujourd’hui je t’ai engendré " Ac 1332.34 ; cf. Ps 27. La Résurrection du Christ est étroitement liée au mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. Elle en est l’accomplissement selon le dessein éternel de Dieu. » CEC 653.
Elle arrache définitivement Jésus à la mort et le place pour toujours en Dieu, où il règne sans fin et où il retrouve la gloire qu’il avait avant la création du monde. Jésus homme est pour toujours dans la Trinité. Sa résurrection atteste que Dieu est plus puissant que la mort, biologique et spirituelle ; qu’il est plus puissant que le péché, aiguillon de la mort, laquelle est le salaire du péché ; qu’il est plus puissant que le Malin, instigateur du péché dans le monde. La Toute Puissance de Dieu est au service de son infinie Bonté miséricordieuse.
La résurrection établit Jésus Nouvel Adam, source de vie, de pardon, d’amour, de victoire, de joie, de paix, de bonheur éternel pour tout être humain qui accueille par la foi le don de Jésus. Jésus nous fait partager sa victoire sur la mort, le péché et le Malin, en nous donnant l’Esprit Saint qui crée en nous la grâce. L’Église bâtie sur Pierre et les apôtres, c’est Jésus répandu et communiqué. Les sacrements sont ses gestes sauveurs qui nous atteignent. Le Fils incarné et glorifié et l’Esprit Saint sont les deux mains du Père qui nous ramènent sur son Cœur.
