Billet spirituel - Avril 2023

Vendredi 14 avril 2023

Résurrection, triomphe de la Vie

« La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de notre foi dans le Christ, crue et vécue comme vérité centrale par la première communauté chrétienne, transmise comme fondamentale par la Tradition, établie par les documents du Nouveau Testament, prêchée comme partie essentielle du mystère pascal en même temps que la Croix » dit le Catéchisme de l’Église Catholique, n° 651. Le pape a commenté en la fête de Pâques 2014 : « Voici le sommet de l’Évangile, voici la Bonne Nouvelle par excellence : Jésus, le Crucifié, est ressuscité ! Cet événement est à la base de notre foi et de notre espérance : si le Christ n’était pas ressuscité, le Christianisme perdrait sa valeur ; toute la mission de l’Église serait vidée de son élan, parce que c’est de là qu’il est parti et qu’il repart toujours. Le message que les chrétiens apportent au monde, le voici : Jésus, l’Amour incarné, est mort sur la croix pour nos péchés, mais Dieu le Père l’a ressuscité et l’a fait Seigneur de la vie et de la mort. En Jésus, l’Amour l’a emporté sur la haine, la miséricorde sur le péché, le bien sur le mal, la vérité sur le mensonge, la vie sur la mort ».

La résurrection arrache définitivement Jésus à la mort et le place pour toujours avec sa nature humaine au sein de la Trinité, où il règne sans fin et retrouve la gloire qu’il avait avant la création du monde. Elle atteste que Dieu est plus puissant que la mort, biologique et spirituelle, que le péché, aiguillon de la mort, laquelle est le salaire du péché, que le Malin, instigateur du péché dans le monde. La Toute Puissance de Dieu est au service de son infinie Bonté miséricordieuse.

Cette victoire du Ressuscité se manifeste par l’intense vie de foi, d’espérance et de charité qui anime les personnes et les familles, au milieu même des épreuves. Comment ne pas évoquer ici la sainteté de toute une famille, dont la béatification sera bientôt célébrée. La maman a justement pour prénom Wiktoria, Victoire. Wiktoria a épousé en 1935 Jozef Ulma à Markowa en Pologne. Tous deux vivent leur foi catholique et veulent fonder une famille profondément chrétienne. Ils accueillent six enfants, trois filles et trois garçons. En 1943, Wiktoria est enceinte de son septième enfant. L’année précédente, les époux, confiants en Dieu, ont accepté de donner refuge à une famille juive de huit personnes. Pour eux l’amour de Dieu et du prochain dépasse tout. À l’aube du 24 mars 1944, veille de la fête de l’Annonciation, on frappe à leur porte. Un groupe de soldats nazis entre et ne tarde pas à tuer, d’une balle dans la nuque, toute la famille juive. Leur commandant, décidé à combattre le christianisme, sait bien que la famille Ulma est catholique et que c’est sa foi qui explique l’accueil des réfugiés juifs. Alors, Jozef et Wiktoria sont fusillés, à leur tour, sous les yeux de leurs enfants, avant que ceux-ci ne le soient à leur tour, par un soldat de 23 ans dont le béret porte un signe sataniste. Le 17 décembre 2022, le pape François a signé le décret « concernant le martyre des époux Jozef et Wiktoria Ulma et leurs sept enfants tués par les nazis le 24 mars 1944, à Markowa, en Pologne ». « Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, une famille entière va être béatifiée. S’ajoute un fait unique, pour la première fois, un enfant à naître, se trouvant dans le sein de sa mère, à deux mois de sa naissance, donne sa vie comme martyr. Cette décision de l’Église catholique est un événement considérable » écrit la revue du Père Hubert Lelièvre L’Évangile de la Vie du 25 mars 2023. La Vie, la vraie vie, la vie surnaturelle, qui ouvre sur le Bonheur éternel, a triomphé du mal et de la mort infligée par des êtres sous l’emprise du Malin.

En ces temps où la culture de mort sévit en notre société, la béatification de toute cette famille, et de cet enfant encore dans le sein de sa mère, fait éclater la vérité de la culture de vie : l’enfant à naître, dès sa conception, est une personne que nous devons respecter et protéger. Comme il en est des personnes malades ou âgées qu’il faut garder des mesures euthanasiques, comme l’ont rappelé les évêques de France, dans leur lettre pastorale du 8 novembre 2022 : « Donner la mort pour supprimer la souffrance n’est ni un soin ni un accompagnement : c’est au contraire supprimer la personne souffrante et interrompre toute relation. C’est ‘une grave violation de la Loi de Dieu’ ». Le 28 mars dernier, nos évêques disent entendre « de très nombreux soignants affirmer vigoureusement que « la main qui prend soin ne peut en aucun cas être celle qui donne la mort », et ils affirment que la liberté « ne peut se déployer que si la valeur de la vie de chacun est pleinement reconnue et respectée. C’est dans ce cadre protecteur qu’il convient de mettre en œuvre tous les chemins possibles d’aide active à vivre ».

Le temps pascal est illuminé par l’immense triomphe de la Vie remporté par la Résurrection de Jésus. Là est la vraie Joie !

Père Victor Mac Auliffe, osv

Documents à télécharger

Revenir en haut